Histoire de la pomme de terre
Cultivées dans les Andes dès 2000 ans avant J.C. et probablement plus tôt, les “Papas” ne furent découvertes par les Européens qu’à la fin du XVè siècle, avec le continent américain. Ce sont logiquement les Espagnols qui introduisirent cette plante en Europe au début du XVIè siècle. D’Espagne, elle passa en Italie, puis aux Pays Bas, en Autriche, en Allemagne, en Suisse et dans l’Est de la France (Dauphiné) où elle est connue dès la fin du XVIè siècle. Dénommée “Tartuffoli” en Italie, qui signifie “truffe”, elle prend le nom dérivé de “Tarteuffel” ou “Kartoffel” en Allemagne et celui de “Cartouffle” en France. En 1596, le botaniste suisse Gaspard BAUHIN lui donne son nom scientifique de “Solanum tuberosum“, consacré plus tard par LINNE.
A la fin du XVIè siècle, elle est communément utilisée en Italie et en Allemagne dans l’alimentation humaine et animale. A cette même époque, elle est apportée du Nouveau Continent en Irlande et en Angleterre. A la fin du XVIè siècle, elle est communément utilisée en Italie et en Allemagne dans l’alimentation humaine et animale. A cette même époque, elle est apportée du Nouveau Continent en Irlande et en Angleterre. Au XVIIè siècle, sa diffusion se poursuit. Des personnalités comme celle de Charles de l’ESCLUSE (1526-1609) ou celle d’Olivier de SERRES (1539-1619) contribuent activement à sa divulgation. En France, elle est cultivée dans les Vosges, en Lorraine, Bourgogne, Franche-Comté et en Dauphiné. A Paris, on la retrouve dans le Jardin Royal en 1665. Cependant, à cette époque, la diffusion de ce tubercule et son acceptation dans l’alimentation humaine restent difficiles. En Franche-Comté, par exemple, la croyance circule que la pomme de terre donne la lèpre. Malgré ces suspicions, somme toute légitimes vis à vis d’une solanacée, de nombreux agronomes cultivaient la pomme de terre au XVIIIè siècle. Elle était alors essentiellement utilisée dans l’alimentation animale et dans ce cas, cultivée à grande échelle. L’homme ne la dédaignait pas, bouillie avec du lard ou du salé ou cuite sous la cendre ; et son intérêt en cas de disette était déjà souligné par DUHAMEL DU MONCEAU (1700-1782) en 1762.
Si la pomme de terre était loin d’être inconnue au milieu du XVIIIè siècle en France, elle n’était cependant pas répandue dans toutes les provinces ni dans toutes les classes sociales comme en témoigne cet article de 1765, tiré de la Grande Encyclopédie : ” Cette plante…, est cultivée en beaucoup de contrées de l’Europe et notamment dans plusieurs provinces du Royaume,… . Le peuple de ces pays, et surtout les paysans, font leur nourriture la plus ordinaire de la racine de cette plante pendant une bonne partie de l’année. Ils la font cuire à l’eau, au four, sous la cendre, et ils en préparent plusieurs ragoûts grossiers ou champêtres. Les personnes un peu aisées l’accomodent avec du beurre, la mangent avec de la viande, en font des espèces de beignets, etc. Cette racine, de quelque manière qu’on l’apprête, est fade et farineuse. Elle ne saurait être comptée parmi les aliments agréables ; mais elle fournit un aliment abondant et assez salutaire aux hommes qui ne demandent qu’à se sustenter. On reproche avec raison à la pomme de terre d’être venteuse : mais qu’est ce que des vents pour les organes vigoureux des paysans et des manoeuvres ? “. Téléchargez le texte complet Source : www.scienceaction.asso.fr





